Sur le marché de Dieppe, j'ai acheté un fromage de Neufchâtel,
Neufchâtel-en_Braye. Un fromage au lait de vache cru, recouvert d'une
croûte fleurie, très blanche et légèrement duveuteuse.
Les défenseurs de ce fromage affirment haut et fort qu'il est le plus vieux fromage normand. Ils se basent sur un texte de 1035 et qui évoque la production de fromages dans la région de Neufchâtel-en-Bray. En fait, il ne naît "officiellement" qu'en 1543, dans les comptes de l'Abbaye de Saint-Amand de Rouen où un fromage apparaît explicitement et pour la première fois sous le nom de Neufchâtel. Il est probable que dès cette époque l'affinage était mené comme aujourd'hui dans des caves de la région naturellement riches en penicillium candidum.
On sait aussi qu'il a eu très tôt plusieurs formes au gré des modes, et des moules dont disposaient les producteurs. La légende veut ainsi que la forme du coeur soit due aux paysannes normandes désireuses de montrer leurs sentiments aux soldats anglais de passage lors des différentes campagnes qui émaillent le moyen-âge.
C'est au XIXème siècle que la production du neufchâtel va subir un fort développement. Comme un écho à la légende de la rencontre Napoléon III / Camembert, NapoléonIII, alors premier consul, aurait reçu en hommage un panier de fromages normands où figurait en bonne place un neufchâtel. C'est dans ce siècle que sa renommée atteint son apogée et qu'il est reconnu comme l'un des meilleurs fromages français. Peu-à-peu, cependant sa production va baisser, et plus particulièrement après la deuxième guerre mondiale. Les producteurs et les lois du marché en sont en partie responsables puisque la production de fromage devient moins intéressante à cette époque que la vente directe du lait à de grandes coopératives.
Cependant depuis 1958, il existe pour défendre cette tradition fromagère un syndicat de Défense du Label de Qualité du Neufchâtel. C'est grâce à lui notamment qu'il obtient son AOC en 1969.
Mais bon, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos oeufs !
Les ingrédients (pour 4 personnes)
- 4 oeufs
- 1 dl de crème
- 25 g de beurre
- Un morceau de Neufchâtel
La recette
D'abord, bien beurrer des petites porcelaines à feu avec les 25 g de
beurre. Casser un oeuf par cocotte, sans crever le jaune. Déposer les
cocottes dans un plat allant au four à bord haut, emplir le plat d'eau
bouillante à mi-hauteur. Mettre au four à 150°C pendant 5 à 6 minutes.
Pendant ce temps, mettre la crème dans un casserole avec le Neufchâtel
coupé en petits morceaux. Porter à ébullition en fouettant pour
dissoudre le Neufchâtel. Réduire à consistance sirupeuse. Napper les
oeuf de cette préparation. Servir bien chaud.... avec des mouillettes
! Excellent !
Bon appétit
Amitiés gourmandes
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